Refashion mis en demeure : réalité, enjeux et pourquoi ça nous concerne tous

L’éco‑organisme Refashion, acteur central du recyclage des textiles en France, a récemment été mis en demeure par le ministère de la Transition écologique pour ne pas avoir atteint certains objectifs fixés dans son cahier des charges. Ce développement interpelle tous les acteurs de l’économie circulaire, des petites ressourceries aux industriels.

Refashion : rôle clé mais sous pression

Refashion est l’éco‑organisme agréé par l’État français pour gérer la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) dans la filière Textiles‑Linges de maison‑Chaussures (TLC). Concrètement, il collecte les éco‑contributions versées par les marques pour financer la collecte, le tri, la réutilisation et le recyclage des textiles usagés, et coordonne ensuite cette gestion. Refashion est donc un levier important pour accélérer la seconde vie des vêtements. Cependant, la mise en œuvre de cette mission rencontre des difficultés structurelles.

Pourquoi Refashion a été mis en demeure

Selon plusieurs sources spécialisées, Refashion a été officiellement mis en demeure pour ne pas avoir atteint certains de ses objectifs fixés dans son cahier des charges, notamment des objectifs de collecte et de valorisation. Le ministère de la Transition écologique a adressé cette mise en demeure, mais elle a été suspendue en raison d’une refonte en cours du système. En résumé, Refashion n’aurait pas rempli des engagements stratégiques définis par l’État. La mise en demeure reste un acte administratif formel demandant à l’organisme de se mettre en conformité, sous peine de sanctions.

Ce que cela révèle sur la filière textile en France

Cette mise en demeure met en lumière plusieurs problèmes dans le secteur textile. La collecte et le tri peinent à absorber des volumes records de vêtements mis sur le marché, estimés à 3,5 milliards de pièces neuves en 2024 selon Refashion. Les opérateurs de terrain, comme les ressourceries et associations d’insertion, dénoncent un manque de financement suffisant pour soutenir le tri et la revalorisation. Le modèle économique et la gouvernance de Refashion sont également pointés du doigt. L’éco‑organisme est contrôlé par les marques, mais doit servir l’intérêt général d’une filière entière, ce qui crée des tensions structurelles.

Ce que cela implique pour la seconde vie des textiles

Pour une ressourcerie engagée dans le réemploi, cette actualité a plusieurs implications concrètes. Tout d’abord, les objectifs de collecte doivent être réalistes et atteints pour garantir la viabilité du système REP textile. Ensuite, la réforme en cours du cahier des charges peut ouvrir des opportunités pour rééquilibrer le soutien entre recyclage, tri, réparation et réemploi. Enfin, le gouvernement demande à Refashion de proposer des leviers financiers, comme un malus pour l’ultra fast fashion, afin de rendre le système plus juste et moins dépendant du volume pur.

Conclusion : une alerte et non un effondrement

La mise en demeure de Refashion est un signal politique fort. Elle montre que les anciens leviers de gestion des déchets textiles ne suffisent plus et que le pilotage de la filière doit évoluer. Pour les acteurs du réemploi, cela peut signifier plus de soutien, plus de financement et une reconnaissance accrue du rôle essentiel des ressourceries dans la transition circulaire.

Sources